À Thiès, la question de la sécurité routière et de la régularisation des motos Jakarta suscite de vives tensions entre les conducteurs et les autorités.

Depuis plusieurs années, ces motards, qui assurent une part importante du transport en commun dans la cité du rail depuis 2009, font face à une série de mesures visant à mieux encadrer leur activité. Cependant, la dernière exigence des forces de l’ordre, consistant à obliger chaque conducteur à disposer de deux casques un pour lui-même et un pour le client a provoqué une vague d’indignation et de protestation. Les accidents impliquant des motos Jakarta se multiplient à Thiès, tout comme les cas d’agressions et de vols à l’arraché. Les autorités administratives et municipales ont tenté de freiner ces maux en adoptant diverses mesures, telles que la formalisation des conducteurs et la mise en place de dispositifs de sécurité. En 2012, par exemple, le Dr Pape Amadou Ndiaye avait formé plus de 5400 conducteurs sur le code de la route, leur fournissant notamment des gilets et des casques numérotés pour leur identification. De même, sous la présidence de Thierno Alassane Sall, alors ministre des Transports, des démarches avaient été entreprises pour officialiser cette activité.

En 2015, la ville de Thiès a connu une crise majeure lors d’une grève de six jours qui a abouti à des violences, avec des taxis brûlés et des biens publics saccagés. À cette occasion, Talla Sylla, alors responsable, avait tenté de régulariser la situation, notamment en interdisant de transporter des femmes enceintes et des nouveau-nés par moto, dans un souci de sécurité. Plus récemment, avec l’événement Diomaye Sonko, la démarche de formalisation s’est concentrée sur l’obtention de papiers officiels pour les motos, notamment des cartes grises, dans l’optique d’une régulation plus stricte.

Mais le 9 mars 2026, face à la nouvelle mesure policière exigeant deux casques par conducteur, ces derniers ont décidé de bloquer la circulation dans la ville pour faire entendre leur voix. Leur argument est simple : ils ne peuvent plus supporter de porter deux casques à la fois, surtout dans un contexte où ils ont à transporter plusieurs clients par jour, ce qui multiplie les risques de transmission de maladies. Selon eux, faire porter le casque aux passagers tour à tour est une solution inefficace et inacceptable, alors qu’ils revendiquent plutôt des alternatives pour assurer leur sécurité et celle de leurs clients. Les conducteurs de Jakarta demandent donc aux autorités de rechercher d’autres pistes pour renforcer la sécurité sans pour autant pénaliser leur activité ni compromettre leur santé. Leur protestation souligne la nécessité d’un dialogue constructif entre les acteurs du secteur et les responsables publics, dans l’objectif de trouver un compromis équilibré qui garantisse la sécurité de tous tout en préservant leur moyen de subsistance.

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