Dans l’émission animée par Pape Ngagne Ndiaye, Cheikh Yerim Seck a émis l’idée suivante : « Vous savez ce que j’ai toujours cru et je le dis : l’affaire Ousmane Sonko, il faut la régler selon la loi.

post Si on applique la loi, on tue 90 % de Sénégalais et laisser les 10 % survivants, c’est ce que je crois. Dura Lex sed lex, savez-vous ce que c’est ? Il faut qu’on applique la logique juridique jusqu’au bout quoi qu’il arrive. »
Le vendredi 15 juin, le Conseil pour l’Observation des Règles d’Ethique et de Déontologie dans les médias (CORED) a publié un communiqué, dont la teneur suit : “Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Ethique et de Déontologie dans les médias (CORED) condamne fermement les propos tenus par Monsieur Cheikh Yérim Seck, le mercredi, 14 juin 2023, à l’émission Faram Faccé sur la chaîne de télévision privée TFM.”
Le CORED a ensuite précisé : “A la question en wolof, «< Que faire pour trouver une solution à la crise actuelle que traverse le pays? »>, M. Seck répond: «Ma conviction est que l’affaire Ousmane Sonko, il faut la régler selon la loi. Qu’on tue 90% des Sénégalais et que les 10% restent en vie, c’est ma conviction. La loi est dure, c’est la loi (…). » Pape Ngagne Ndiaye qui anime l’émission, n’a pas daigné recadrer son invité.”
Suite à cette condamnation par le CORED, Cheikh Yerim Seck a tenté de clarifier ses propos lors d’une émission trois jours plus tard sur la chaine 7TV. et pour se défendre, il prend témoin devant les sénégalais : « On peut m’accuser de tout, mais je ne suis pas fou. Même ces détracteurs savent que je suis prêt à faire quelque chose pour ce pays. Même si les gens sont fous, ils ne sont pas assez pour m’accuser de certaines choses, car ils savent très bien que je suis prêt à faire quelque chose pour mon pays et j’en suis même arrivé à être emprisonné. J’ai tout subi pour cela, donc comment ces gens peuvent dire que j’ai dit qu’il faut tuer les gens.”
Cheikh Yerim Seck a ensuite pris le temps, lors d’une longue explication qui a pris plus de la moitié de l’émission, de revenir sur des propos qu’il disait pourtant avoir été clairs : « Ce que j’ai fait en français, c’est ce que l’on appelle un raisonnement à fortiori. Ça veut dire que si vous devez en arriver là, si je devais le dire en wolof c’est de dire, ‘bou diarré sakh niou agg fi’ (Si nous devions en arriver là, en français). »
Puis, il interpelle la journaliste Maïmouna Ndour Faye, qui n’était visiblement pas sûre des propos qu’elle avait consignés dans ses notes « Mais Maïmouna, les gens qui disent tout cela, ils ne sont pas fous, ils savent très bien que je n’ai jamais dit ‘il faut tuer 90 % de Sénégalais’. »
M. Seck a continué à se défendre en affirmant que ses propos avaient été mal interprétés et sortis de leur contexte car dit-il, « j’ai bien pris garde de dire ‘s’il le faut' ». Cependant, notre travail de vérification des faits a révélé qu’il n’a jamais utilisé la phrase « S’il le faut », que ce soit en français ou en wolof, comme il l’affirme dans sa défense.
Cette déclaration a suscité un tollé de réactions, Même si l’émission avait coupé la phrase ‘s’il le faut’ ce que nous ne croyons pas, Cheikh Yerim Seck a oublié de citer la loi à laquelle il faisait référence. En effet, la peine de mort n’existe pas au Sénégal, ni le droit de tuer. Cependant, dans ses propos, il a utilisé l’expression latine ‘Dura lex, sed lex’ qui signifie ‘La loi est dure, mais c’est la loi’. Cela donne l’impression qu’une loi sévère existe au Sénégal qui permettrait de tuer quelqu’un. Néanmoins, quelle que soit la gravité de l’acte commis au Sénégal, même si vous tuez 10 millions de personnes, vous ne pouvez pas être condamné à mort, car la loi ne l’autorise pas.
Notre fact-checking a également confirmé que les déclarations de Cheikh Yerim Seck ont été fidèlement rapportées par le CORED.

post

Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Ethique et de Déontologie dans les médias (CORED) condamne fermement les propos tenus par Monsieur Cheikh Yérim Seck

Le Partage de l'info